Beaucoup de facilitateurs passent du temps à concevoir les exercices. Les consignes. Les modèles. Le timing. Le matériel.
Beaucoup moins réfléchissent à la manière dont les participants vont se rencontrer. Et pourtant, la formation des groupes change tout.
Qui parle. Qui écoute. Qui se sent en sécurité. Qui se sent intimidé. Quelles idées émergent. Quelles idées n’apparaissent jamais.
Un workshop n’est pas seulement façonné par l’exercice lui-même. Il est aussi façonné par les personnes qui le font ensemble.
Imagine le même exercice. Une fois avec des collègues proches. Une fois avec des inconnus. Une fois avec managers et collaborateurs mélangés. Une fois séparés.
L’exercice n’a pas changé. L’expérience, si.
La même chose est vraie pour l’expertise. L’expérience. Le genre. L’ancienneté. Le département. La langue.
Des mélanges différents créent des conversations différentes.
C’est pourquoi les bons facilitateurs ne laissent que rarement la formation des groupes au hasard. Mais ils ne la contrôlent pas forcément non plus. Ils l’influencent.
Des groupes de deux. Des groupes de quatre. Des fonctions mélangées. Des niveaux d’expérience mélangés. Des personnes qui se connaissent. D’autres non.
Chaque choix oriente la salle dans une direction différente.
L’objectif n’est pas de créer les groupes parfaits. L’objectif est de créer des conditions qui rendent les interactions utiles plus probables.
Parfois tu cherches la sécurité. Parfois le défi. Parfois la diversité. Parfois la rapidité.
Des objectifs différents demandent des conditions différentes.
C’est pour cela que la formation des groupes n’est pas de la logistique. C’est du design.
Tu ne crées pas les groupes. Les participants le feront. Tu crées les conditions dans lesquelles ils émergent.
Et comme souvent en facilitation, de petits changements dans les conditions produisent parfois de très grands changements dans les résultats.
Tu conçois les conditions. Les groupes se créent.